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Publié par CLCV de la DROME

L’Etat défend plus son intérêt que celui du consommateur.

EDF annonce ce jour des résultats annuels florissants et prévoit toujours un versement de dividendes parmi les plus généreux du CAC 40. Dans ce contexte, le prix de l’électricité des ménages grimpe de 5 % par an.

Lors de l’annonce, en juillet 2013, d’une hausse de 10 % du tarif de l’électricité sur deux ans, la CLCV avait produit un plaidoyer expliquant que cette hausse pouvait être enrayée. Notamment, deux moyens doivent être employés par l’Etat qui est actionnaire à 84 % du groupe.

Premièrement, les recommandations de la Cour des comptes en faveur de la maitrise des coûts de gestion doivent être mises en œuvre sous la responsabilité des représentants de l’Etat au conseil d’administration du groupe.

Deuxièmement, il s’avère qu’EDF verse plus de 2 mds par an à ses actionnaires (2,1 mds en 2012 et 2011, l’acompte de décembre 2013 étant analogue à celui des années précédentes) dont 1,7 mds environ reviennent à l’Etat. Depuis des années, EDF verse ainsi des dividendes qui représentent environ 60 % des bénéfices (63 % en 2012) ce qui est un taux de distribution plus élevé que la moyenne du CAC 40 (dont l’épure se situe entre 45 et 50 %).

Cette politique a un impact pour le consommateur. On peut considérer que 300 à 400 millions d’euros de dividendes d’EDF sont excessifs. Ces montants auraient dû venir contribuer à financer les investissements du groupe qui, du coup, avec le regrettable aval de la Commission de régulation de l’énergie, a compensé en mobilisant la hausse de la facture d’électricité du consommateur.

Suite à une saisine de la CLCV, la Direction générale de l’énergie et du climat nous a répondu, dans un courrier du 26 novembre 2013, que ce taux de distribution des dividendes est « dans la moyenne du secteur des grands électriciens européens » et que « le gouvernement veille à la cohérence de ce taux avec la stratégie à long terme de l’entreprise ». La CLCV estime, d’une part, que le secteur très monopolistique de l’électricité produit, certes, des dividendes abusifs dans d’autres pays d’Europe, mais que cela ne constitue en rien une position justifiée ou équitable. Par ailleurs, à lire ce courrier, l’Etat actionnaire semble se concentrer sur « la stratégie à long terme de l’entreprise » mais ne tient pas compte du pouvoir d’achat des ménages.

Notre association estime que cette distribution de dividende consiste à exercer une fiscalité écologique cachée et non assumée. Elle va saisir le ministre de l’Economie pour que ce dividende soit ramené à des niveaux plus raisonnables ce qui, conjugué à la maitrise des coûts de gestion, permettra de limiter l’explosion du prix de l’électricité.

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